BIENVENUE

BIENVENUE à TOUTES et TOUS,

Le blog du Comité de Soutien du Saumurois à la lutte contre l'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes fait ses premiers pas...

N'hésitez-pas à nous rejoindre, sur la toile, pour les plus éloignés, ou sur le "terrain" pour celleux concernés par ce secteur...

Des personnes des alentours de Saumur (jusqu'à 30km...) se regroupent, afin d'organiser des évènements à titre informatif pour le grand public, d'éventuelles collectes de biens afin d'aider sur place, diverses actions en faveur de la lutte.

Vous êtes les bienvenus lors de nos divers rassemblement, lesquels seront affichés régulièrement sur le blog, alors, abonnez-vous, et, faites-nous part de vos commentaires....


vendredi 28 février 2014

Communiqué de presse de l’ACIPA – Jeudi 27 février 2014

Communiqué de presse de l’ACIPA – Jeudi 27 février 2014


L’ACIPA remercie toute la population des environs immédiats de Notre-Dame-des-Landes et tous les comités de soutien venus de la France entière en car, pour leur présence massive à la manifestation du 22 février.

L’ACIPA condamne la violence organisée, tolérée par des forces de police prenant elles-mêmes en otage des familles entières sous des pluies de grenades lacrymogènes, ce qui s’est traduit d’une part par la détérioration de biens publics et privés qui ont jeté le discrédit sur l’énorme succès de notre mobilisation et d’autre part – et surtout – par de nombreux blessés parmi les manifestants venus participer à un rassemblement inter-générationnel, familial, joyeux et pacifique comme annoncé.

Aujourd’hui, nous pensons aux très nombreux blessés (dont des enfants !)  et aux 2 personnes ayant perdu un œil suite aux tirs de flashballs. Qu’ils soient assurés de tout notre soutien ! Nous ne pouvons donner de chiffres sur le nombre de blessés mais les témoignages continuent d’affluer posant de vraies questions sur la gestion de cette manifestation par les services de l’État. C’est un scandale d’État qui s’accentue avec l’esprit de délation qui se met en place !

A Monsieur Auxiette,  qui ose dire que l’accord politique signé après la grève de la faim de plusieurs de nos camarades en mai 2012, est caduc, nous disons que c’est un mensonge éhonté ! Cet accord a été réalisé à la demande de François Hollande lui-même, conclu et signé avec les opposants par les représentants des 3 collectivités que sont le Conseil Régional (Jacques Auxiette), le Conseil Général (Philippe Grosvalet) et Nantes Métropole (Jean Marc Ayrault). Cet accord stipulait qu’il n’y aurait pas d’expulsion possible pour les paysans en activité sur la zone et les habitants ayant un titre de bail au moment de la DUP de 2008, tant que certains recours ne seraient pas épurés. Il reste toujours un pourvoi en cassation concernant l’ordonnance d’expropriations qui ne peut être examiné tant que les recours liés à l’arrêté de cessibilité ne seront pas jugés au Tribunal Administratif et au Conseil d’État.

Concernant le volet juridique, nous attendons sereinement le jugement des recours déposés contre les arrêtés préfectoraux de décembre 2013 au titre de la Loi sur l’Eau et des espèces protégées. La méthode de compensation, invalidée dans sa globalité par le comité d’experts scientifiques sollicité, ne devrait pas être entérinée sauf à constituer un nouveau passage en force de l’État. L’Europe n’a pas dit son dernier mot non plus : les pétitions des opposants sont toujours ouvertes à ce jour.

Nous réaffirmons notre opposition totale au projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes et nous continuerons sans relâche notre travail d’information à la population, notamment lors des réunions d’information organisées par les comités de soutien. Nous soutiendrons également les travaux du groupe de travail technique sur les Plans d’Exposition au Bruit prévisionnels et l’aménagement de Nantes Atlantique.

Enfin, nous appelons à une extrême vigilance sur la ZAD. Nous y serons présents pour défendre et protéger les paysans, les habitants et les terres agricoles menacés d’expulsion ou de destruction, dès qu’il le faudra !

spéciale dédicace humoristique à tous nos zadarades lacrymés, arrosés, touchés ce samedi 22 février

tout droit sorti du mensuel Causette de ce mois-ci, une perle:

mardi 25 février 2014

souvenir en photo de la manif des chelamandres...














appels à témoignages

afin de rassembler un maximum de témoignages sur la réalité des évènements du 22 février à Nantes, vous êtes conviés à contribuer sur le lien suivant:

page facebook

ou envoyer un mail à:

zad@riseup.net .

Nantes : Un journaliste de RennesTV porte plainte contre X pour "violence volontaire avec arme"

Voici la plainte adressée au Procureur de la République de Rennes :
 
 
" Lettre recommandée avec accusé de reception.
 
Monsieur le Procureur de la République,
 
 
Bonjour,
 
 
Je m’appelle Gaspard GLANZ, ma profession est journaliste, je suis le co-fondateur du média en ligne RennesTV.fr, et gérant de l’entreprise Taranis (RCS de Rennes) propriétaire de la marque RennesTV. J’étais Journaliste Reporter d’Images (JRI) pour RennesTV ainsi que plusieurs autres médias, dans l’exercice de mes fonctions, lors de la manifestation contre l’aéroport Notre Dame des Landes, à Nantes, le 22 février 2014. 
 
 
À cette occasion, j’ai subit l’explosion d’une grenade de type « désencerclement » ou « Dipositif Balistique de Dispersion » (DBD) entre les jambes, hors du cadre d’utilisation légal de cette arme par les forces de l’ordre déployés. Il était 16h38 exactement. 

 
Cette explosion a projeté trois éclats, dont la douille en métal de la grenade, contre mes jambes. En plus des déchirures de la peau entrainés par l’onde de choc de l’explosion, provoquant des blessures importantes et ouvertes, ces éclats ont entrainés des brûlures au deuxième et troisième degrés, qui ne sont toujours pas cicatrisés 72h après les faits. Ces blessures ont nécessités une prise en charge immédiate par le service des urgences du CHU de Nantes. 
 
 
Je souhaite par la présente vous solliciter à ouvrir une enquête sur ces faits, en la confiant si possible à des juges d’instruction indépendants.
 
 
Je souhaite par la présente déposer plainte contre X pour «  violence volontaire avec arme », « complicité de violence volontaire », avec la triple circonstance aggravante qu’elle a été commise par « un ou des fonctionnaires en charge de l’autorité publique », dans « l’intention de provoquer une mutilation permanente », passible de la Cour d’Assises, et en « groupe organisé » pour effectuer le délit.
 
 
Je souhaite recommander, à titre provisoire et afin de prévenir toute destruction, dissimulation ou altération des preuves nécessaires à la justice :
 
- que soit saisit les PV de tir censés avoir été rédigés par la police (ou autre corps de force de l’ordre déployé : Gendarmerie, CDI, BAC, CRS, etc…)
 
- que soit saisit les traces photos et vidéo des forces de l’ordre
 
- que soit saisit les documents comptables (entrées-sorties) en munitions des armureries concernés, les dotations, les habilitations à tirer, les formations suivies, etc …
 
- que soit ordonné une visite chez un médecin légiste pour faire constater mes blessures
 
- mettre à votre disposition (image par image) la vidéo que j’ai moi même tourné avec ma caméra, et qui permet d’identifier le tireur de la grenade, ainsi que la section à laquelle il appartient.
 
 
 
Veuillez accepter, Monsieur, mes salutations distinguées.
 
 
Cordialement,
 
Gaspard GLANZ "

excellent reportage de télé bocal: Manifestation contre Notre-Dames des Landes à Nantes


témoignage, rue du commerce, d'une autre chelamandre

Bonjour à toustes, vous avez peut être lu le témoignage du comité ariègeois (si ce n'est pas le cas, il suit:)


Bonjour et félécitations pr vos efforts
Il n'y avait pas 63 bus mais 64, et oui le notre, pr des raisons logistiques et des impératifs horaires, était stationné à la Beaujoire.
Je partage votre analyse quant aux débordements, et j'en suis à me demander avec d'autres demander si, finalement, Vals et les pro-aéroports n'avaient pas tout fait pr que ça puisse dégénérer, alors que ça partait bonne enfant malgré cette ville mise en état de siège.
D'autre part, tout près de l'espace de prise de parole, nous avons été témoins d'une charge de CRS alors que personne ne les agressait et ne les provoquait davantage.  Après s'être replié, face à la détermination d'un ancien qu'ils ne pouvaient matraqués vu le nombre de témoins, ils ont lancé une vingtaine de bombes lacrymo alors qu'ils y avait des gosses et des personnes âgées.  Une gosse de notre comité a été gazée, si c'est une black-bloc, elle est vraiment précoce, elle a moins de 10 ans!...
Des copains 44 pourront coroborrés ce témoignage.
Alain, coordinateur du comité Ariège.
Voilà le mien que j'avais fait pour une amie s'inquiétant pour nous:

"Oui, nous allons bien, nous nous sommes éloignés de chaque lieu où çà a chauffé, et à ce moment là, nous venions de rentrer dans un café, et étions à l'étage vitré, aux 1ères loges... on n'a pas compris pourquoi cette petite 10aine de gendarmes mobiles (pas des CRS) s'est mis à charger... cela se situait à un autre lieu que celui montré dans les médias (où là, cela a été très violent de toutes parts), là tout était calme, les gens étaient surtout comme nous, un peu atterrés par la tournure de ces évènements, et essayaient pour certains de prendre part à la suite de la manif, et pour d'autres "bloqués" à regarder ces affrontements violents de l'autre côté de l'avenue... Les GM ont chargé la foule, puis, on reculé face à un "p'tit bonhomme" d'un certain âge bien courageux et déterminé à ce qu'il n'y ait pas de violences supplémentaires... quand les Gendarmes se sont sentis bien en retrait, ils ont lancé des lacrymo alors que tout était redevenu calme (cela s'est passé très vite, en moins d'une minute, mais, vraiment, pas de raison pour les lacrymos). cela se situait sur une place avec des bars, des terrasses pleines (il faisait beau), et des gens de tous âges présents... en moins d'une minute, les terrasses étaient désertées et éparpillées (mouvement de panique oblige!), il a très vite fallut que le bar où nous étions ferme toutes ces fenêtres car l'air a très vite été empli de lacrymo... Vraiment, on n'a pas compris.... tout comme nous ne comprenons pas ce qui s'est déroulé devant nos yeux au long de l'a-m.... Une quantité énorme de gens (trop dur de dire si nous étions 40 000 ou 50 000) là pour manifester pacifiquement, et à plusieurs endroits, des affrontements très violents... nous n'avons pas vu d'assez près les lieux de gros affrontements, donc nous ne pouvons pas dire comment cela a démarré, ni ce qui s'y passait vraiment.... le constat était surtout choquant..."

Avant d'être bloqués dans notre déambulation par tous ces évènements, nous étions simplement ébahis par la quantité de participants, et je leur dit Bravo encore une fois pour tant de créativité, de mobilisation et de joie de vivre...

On lâche rien, encore moins maintenant!
ZADIPAlement, Anne du comité Saumur Chinon

voici le lien pour un plan des évènements (le collectif idf me l'a demandé):
https://mapsengine.google.com/map/edit?mid=zZGRyO9ETheQ.kXnioiNuDTUM

lettre ouverte des " black ploucs" au préfet de Loire Atlantique

Lettre ouverte du mouvement armé au préfet de Loire atlantique, M.
Christian de Lavernée.

Sur la zad, le lundi 24 février 2014

Cher Christian,

Vous avez déclaré hier, « L’opposition institutionnelle à l’aéroport de
Notre-Dame-des-Landes doit cesser d’être la vitrine légale d’un mouvement
armé ». Il nous serait facile de vous reprocher, M. Le Préfet, de vouloir
à votre tour briser des vitrines. Mais après la manifestation de samedi,
autant l’avouer tout net et cesser enfin de nous cacher : nous sommes bel
et bien un mouvement armé.

Nous sommes un mouvement armé de bon sens remuant et d’idées explosives,
de palettes et de vis, de pierres parfois - même s’il y a ici plus de boue
et de prairies, de carottes et de poireaux, d’humour et de tracteurs,
d’objets hétéroclites prêts à former spontanément des barricades et d’un
peu d’essence au cas où, d’aiguilles à coudre et de pieds de biche, de
courage et de tendresse, de vélos et caravanes, de fermes et cabanes, de
masques à gaz ou pas, de pansements pour nos blessés, de cantines
collectives et chansons endiablées, de livres, tracts et journaux,
d’éoliennes et de radios pirates, de radeaux et rateaux, de binettes,
marteaux, pelles et pioches, de liens indestructibles et d’amitiés
féroces, de ruses et de boucliers, d’arcs et de flêches pour faire plaisir
à Monsieur Auxiette, de salamandres et tritons géants, de bottes et
impers, de bombes de peinture et de lances à purin, de baudriers et de
cordes, de grappins et de gratins, et d’un nombre toujours plus important
de personnes qui ne vous laisseront pas détruire la zad. Vous ne nous
ferez pas rendre ces armes.

Et vous, M. Le préfet, quand cesserez vous d’être la vitrine légale d’un
mouvement armé ?

Les Black Ploucs

Lettre ouverte de Françoise Verchère à Manuel Valls 24 février 2014, 18:49

Lettre ouverte de Françoise Verchère à Manuel Valls
24 février 2014, 18:49
Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Je vous ai entendu commenter dès samedi soir les événements en marge de la manifestation contre l’aéroport de Notre Dame des Landes et vos propos appellent de ma part quelques réactions et aussi plusieurs questions.

Sur les chiffres d’abord : vous avez parlé de 1000 casseurs et de 20 000 manifestants dont vous avez dit qu’il fallait les différencier des premiers. Je crois décidément que vos services ont un problème avec le calcul car nous étions beaucoup plus de manifestants et il y avait beaucoup moins de casseurs : disons qu’on pourrait diviser le premier chiffre et multiplier le second par deux au moins pour approcher de la vérité. Mais dans cette affaire d’aéroport, la vérité est décidément malmenée depuis longtemps…

Sur les fameux casseurs : je vous avoue que j’ai été très surprise de comprendre que vos services les connaissaient visiblement bien (vous avez donné des précisions sur leur origine, leur positionnement politique) et même qu’ils savaient ce qui allait se passer. Depuis deux jours, les bruits couraient sur des incidents à venir ; les avocats savaient qu’ils risquaient d’être réquisitionnés pour de nombreuses gardes à vue. Samedi matin, au moment où nous étions avec les tracteurs à l’aéroport de Nantes-Atlantique, les policiers présents nous ont spontanément parlé des « blacks blocs », en nous disant « qu’ils allaient gâcher notre manifestation ».

Je m’étonne donc que « les forces de l’ordre » n’aient pas été au fond plus efficaces puisque cela aurait dû être leur mission, n’est-ce pas ? Puisque l’on sait désormais interdire un spectacle avant même qu’il n’ait lieu, et puisque nous n’avons pas sur la ZAD 1000 casseurs ni blacks blocs, pourquoi ne les avez-vous pas fait arrêter avant leur arrivée ? J’imagine que s’ils sont si dangereux, vous avez certainement des preuves et même des faits graves à leur reprocher ?

Mais peut-être préfériez-vous les arrêter en flagrant délit ? Est-ce pour cela que vous n’avez pas fait protéger l’agence Vinci, située au tout début du parcours de la manifestation, pas plus que des engins de chantier Vinci aussi (car Vinci est partout vous le savez, immobilier, parkings, aéroports…) dont vous saviez qu’ils seraient forcément des cibles ? Est-ce pour cela que la Préfecture n’a autorisé qu’un parcours ridiculement petit, jamais vu jusque là ? Est-ce pour cela que les échauffourées localisées dans un périmètre pourtant restreint ont duré plusieurs heures ? Et au bout du compte combien y a-t-il eu d’interpellations ? Une douzaine seulement…C’est assez curieux et à vrai dire difficilement compréhensible alors que les moyens déployés étaient impressionnants, en hommes et en matériel anti-émeute, alors que la fermeture du centre ville était inédite, alors qu’il y avait vraisemblablement des hommes à vous des deux côtés.

Évidemment les images de « la guérilla urbaine » dont vous avez parlé seront reprises à l’envi plus que celles du char-triton, des 520 tracteurs présents ou des nombreuses familles manifestant paisiblement. Évidemment, cela permettra d’occulter une fois encore le fond du dossier, évidemment le chœur des partisans de l’aéroport poussera des cris horrifiés en rejetant la responsabilité sur les organisateurs de la manifestation.
Organisateurs qui ont pourtant tenté d’éviter l’affrontement en interposant des tracteurs entre l’imposant mur de fer érigé et ceux qui voulaient effectivement en découdre.

Organisateurs dont le métier n’est pas d’assurer l’ordre, vous en conviendrez et à qui il serait malvenu de demander de faire mieux que vous… Organisateurs particulièrement choqués, en tout cas, par les propos du Préfet de Loire-Atlantique qui n’a pas hésité à affirmer que nous « opposants historiques » devions cesser « d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ». Je me suis pincée pour y croire…encore un peu de temps et nous finirons nous-mêmes par être tenus pour de dangereux terroristes alors que nous avons participé loyalement au débat public, et à toutes les commissions mises en place. Débat déloyal puisqu’il y a une « vérité officielle » intangible même quand elle est contraire aux faits, aux chiffres et à la réalité. Le Premier Ministre ne reconnaît la validité que de la commission du dialogue à qui il avait donné mission de valider à nouveau le projet, mais refuse de regarder les conclusions accablantes de la commission des experts scientifiques au regard de la loi sur l’eau. Comment croire encore à la parole de l’État ?

En réalité, Monsieur le Ministre, tout cela est très lisible et vieux comme le pouvoir.

Pour discréditer notre combat, et tenter de retourner l’opinion publique qui nous est aujourd’hui favorable, on fera appel à la peur du désordre, on utilisera l’image, déplorable je vous l’accorde, des dégradations commises par les méchants casseurs et on justifiera ainsi une nouvelle opération policière pour aller enfin nettoyer la ZAD de ses « délinquants dangereux », en même temps que de ses tritons et de ses paysans. Il faudra mettre les moyens (ils sont mille, ne l’oublions pas, et les tritons innombrables…) mais vous y êtes peut-être prêts pour que « force reste à la loi »? Permettez-moi de vous le déconseiller car pour que nous, citoyens, acceptions désormais cette clef de voûte théorique de la société, (« la seule violence légitime est celle de l’État »), il faudrait que l’État soit irréprochable, que la loi soit juste et que ses représentants soient dignes du mandat que nous leur avons confié. Vous avez compris, je pense, que ce n’est pas le cas depuis longtemps.

Depuis deux jours, j’ai lu et entendu que le centre ville de Nantes était « saccagé », qu’un commissariat avait été « dévasté », qu’il faudrait du temps pour « panser les plaies de la ville », que les dégâts ne pouvaient pas encore être chiffrés, autant dire que c’était l’apocalypse. Les mots eux-mêmes sont visiblement sens dessus dessous... Puis-je vous suggérer de venir à Nantes pour juger de la situation ? Aujourd’hui dimanche, flottait certes une petite odeur de gaz lacrymogène, mais le tramway roulait et les nantais flânaient. Je ne nie pas les poubelles brûlées, les pavés arrachés, les vitrines brisées et les murs maculés dans le secteur des affrontements. Je déplore ce vandalisme d’autant plus que nous dénonçons par ailleurs le gaspillage d’argent public qu’induirait le transfert de l’aéroport !

Mais je voudrais aussi vous rappeler que samedi des personnes âgées, des enfants ont été noyées sous les lacrymogènes. Et qu’un jeune manifestant a perdu un oeil à cause d’un éclat de grenade assourdissante. Ce n’était pas un casseur. Et cela nous rappelle le même malheur survenu déjà à Nantes, à cause d’un tir tendu de flash ball lors d’une manifestation sans violence devant le Rectorat. Les aubettes seront reconstruites, cela fera même monter le P.I.B mais ce jeune restera, lui, marqué à jamais. Cela m’interroge sur la manière dont les forces de l’ordre utilisent leurs armes et me scandalise davantage que la casse matérielle. Et demain, si le gouvernement persistait dans son projet d’aéroport, la destruction du bocage de Notre Dame des Landes et de la vie qu’il abrite serait elle aussi irréversible.

Il faut arrêter un projet désormais dans l’impasse et régler le problème en prenant la seule décision raisonnable : respecter la loi sur l’eau, améliorer l’aéroport de Nantes-Atlantique et rendre sa sérénité à Notre Dame des Landes pour que la ZAD redevienne une campagne où vivre et travailler. Vous pourrez ainsi, Monsieur le Ministre, vous consacrer aux blacks blocs si vous le jugez indispensable.

Dans l’espoir de votre réponse, je vous assure de mes salutations les plus distinguées,

Françoise Verchère,
Conseillère générale de Loire-Atlantique